Vous avez remarqué ? à l’entrée des soirées branchées, seuls les pauvres payent leurs places. Et là, on ne parle que de ceux qui seront autorisés à entrer pour le faire. Ce qui n’est pas gagné pour tout le monde.

Quand à l’adage qui dit que la nuit tous les chats sont gris, s’il vaut pour le commun, il n’a certainement pas cours auprès d’un physio ou d’un videur, ces cerbères d’un soir. Trier le bon grain de l’ivraie est un art dans lequel l’un et l’autre excellent. Pourtant, c’est tapis dans l’ombre qu’ils gagnent leur gamelle. L’exercice qui consiste à estimer la solvabilité d’un individu au premier coup d’œil, demande plus que du savoir-faire, cela requière du flaire !  Comment font-ils alors pour ne jamais se tromper du nanti au croquant ? Du bobo au banlieusard ? Bref, à identifier le bien du mal.

En comparant le Royaume des cieux à un champ de blé, Jésus nous enseigne qu’en nous a été semé quelque chose de petit et de caché. Pour un peu j’y verrais un indice, une piste qu’il aurait intentionnellement (?) laissé ouverte sur le vice. N’est-il pas dit à ce propos que c’est dans le détail que le diable se cache ? Rappelons que s’il est acquit que la transparence est de mise dans les Evangiles, un videur, c’est quand même à travers le judas d’une porte que son job l’oblige. Certes, la parabole est audacieuse mais l’esprit est le même. Si j’osais, je dirais que la prouesse du loufiat est grande. Et plus encore si l’on tient compte que le lascar n’a rien d’un apôtre.

Aussi, sans crier au miracle, j’estime que la perf’ mérite d’être soulignée. Au point de me dire qu’il serait socialement loyal de favoriser la reconversion de ces soutiers de l’ombre au terme d’une carrière bien remplie. En les aidant à s’arracher aux affres d’une retraite précaire qui les jetterait dehors (un comble !) en leurs ouvrant les portes d’une administration pénitencière jamais à cours de postes à pourvoir.

Et s’ils estiment une fois en place, que mater des détenus occupés à s’astiquer le rectum ne vaudra jamais la sensation qui les autorisait hier à refouler du gris, je ne doute pas qu’à l’abri d’un haut mur, ils sauront encore faire leur trou les gaillards.

Cependant la question demeure. Qu’est ce qui distingue, l’imposteur de l’officiel de la dernière croisade à l’entrée d’une soirée branchée ? La réponse qu’ils m’ont faite laisse perplexe. Selon eux, comme l’habit fait le moine, c’est l’indigence qui fait le riche ! J’ai saisi que portée avec morgue, une paire de tennis bouffée de l’intérieur et un jeans sans forme, ont plus d’effet sur un larbin que le froissé noble d’un costard en lin. Le suspect est forcément le mieux sapé de la bande.

Darwin avait raison en affirmant que ce qui distingue les genres, c’est la faculté qu’ont certains de comprendre leur nouvel environnement. Théorie que confirment mes casseurs de bouche pour qui l’évolution de l’espèce est soit sonnante (on te laisse rentrer), soit trébuchante (tu te fais virer).

Salauds de pauvres !

Rédigé par Moussa Dazi

Ecrire bien le médiocre… (Flaubert)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s