Pour gérer le trafic aérien, le ciel a recours aux aiguilleurs (sauf en août où ils font grève). L’autoroute pour sa part, sait pouvoir compter sur un vaste réseau d’itinéraires bis pour soulager son transit en été. Mais en banlieue, qu’est-ce que le système propose de concret à un môme afin de lui éviter de prendre un mur ?

Consciente du risque qu’il y a de se perdre dans le brouillard, l’école a su trouver une solution. Un palliatif certes bringuebalant mais dont sa conscience s’arrange. L’éducation nationale s’est donc armée de conseillers d’orientations dans le but d’aider l’élève en difficulté à y voir clair quant au cursus qui l’attend.

Auxiliaires qui ont vu les collèges et lycées techniques préparant aux CAP de chaudronnier et autre assistante secrétaire en marge des grandes villes, faire le plein. Un élan que n’arrêta pas la fermeture des entreprises et usines concernées par leurs diplômes. Au point de se demander, s’il n’eut pas été judicieux de proposer dès le départ, une allocation de chômage aux potaches.

Une carrière tient souvent à un cheveu. En banlieue, c’est de la nature de celui-ci qu’elle dépend. Plus le poil se révèle crépu et plus le destin de son propriétaire a de chance de se voir confier aux soins d’un conseiller en «futur clé en main». Aptitude qu’une engeance blonde, n’a pas la chance de partager et c’est tant mieux pour elle.

Seule la vigilance de mentors a permis aux jeunes dont le pédigrée s’inscrit sous le soleil, de déceler en eux, cette aptitude à travailler le fer où à servir le café comme hier leurs parents. Avec la perte des colonies, l’accès aux voies de garage est demeuré l’un des rares privilèges qui n’oblige pas à montrer patte blanche.

Les temps changent mais la psychologie demeure. Couvés par un ministère complaisant à bien des égards, les conseillers d’orientations poursuivent leurs dégâts en toute immunité. Aujourd’hui encore, c’est vers ces ornières, laissées béantes par l’industrie sinistrée, qu’ils poussent l’enfant à tuer le père.

Le phénomène interroge, à travers lui, c’est l’institution toute entière qui est mise en cause. La mixité sociale, tant louée par Jules Ferry et le Maréchal, trouverait-elle ses limites dans la carte scolaire ? Doctrinaire, le zèle des uns a mené l’ambition des autres à l’amertume. Si l’on y prend garde, il pourrait se produire une résurgence de la lutte des classes… que cette fois les caciques ne pourront feindre d’ignorer.

– Pétain ! Il fait chaud ici. Je reprendrai bien un peu de Vichy…

Rédigé par Moussa Dazi

Ecrire bien le médiocre… (Flaubert)

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