Comme ils sont formidables ces reportages servis à pas d’heure. Ces images qui décortiquent tant et si bien le quotidien d’un flic de la Bac que l’on a fini par les faire nôtres. Ces rondes de nuit et ces portes qui claquent à tout bout de champ sont autant de marqueurs de l’époque.

Un temps qui voit nos sentiments anémiés par l’impératif sécuritaire. Vrai au point d’avouer notre appétence pour le 17… pourtant synonyme de catastrophe.

Même marcher dans la rue sans se sentir épier n’est plus concevable. Trottoirs et carrefours sont truffés de caméras. Le moindre recoin est une invite à un Loft Story à ciel ouvert où chacun tient un rôle à sa mesure, celui de sa propre vie. Et quand ce n’est pas un objectif que l’on braque sur vous, c’est la bobine de quelques sectaires qu’on déroule sous vos yeux.

Nos rêves de tranquillité ont petit à petit cédés la place à l’illusion d’être heureux.

En bonne catin subalterne, la télévision par laquelle on nous gouverne, nous a persuadée que si elle agit ainsi, c’est pour le bien de tous. On a voté pour ça, alors forcément on y croit.

Posté à l’abri du trafic, Pinot, jusque-là simple flic, a vu son statut évoluer. Elevé au grade de chapelain, il est désormais l’examinateur d’une foule anxieuse. Aumônier appointé, que rien n’oblige à garder au confessionnal ce que nos travers révèlent. Au contraire. La politique du chiffre mise en place depuis la place Beauvau, pousse au zèle.

Les verbalisables que nous sommes n’ont qu’à bien se tenir.

Les directives qu’il reçoit n’accordent que peu de place à la notion de tolérance. Fini donc la marge jadis permise par la proximité. Un changement qui a vu nos aspirations, déjà médiocres, se focaliser un peu plus sur l’intérêt individuel.

La pression que l’on subit, pousse à l’exacerbation de rancœurs que l’on croyait enfouies. Frustré et déçu dans nos choix, on se met de nouveau à taper sur l’autre. L’étranger. Une rengaine aussi pénible par son abondance que par son caractère prévisible.

Lorsqu’il s’est agit de vendre du beurre sous la botte teutonne, le troc s’opérait sur le dos d’un juif, avec la crise aujourd’hui, c’est sur le râble d’un musulman en prière que l’on spécule. Le marché noir est demeuré un business florissant.

Le progrès à beau ne pas s’encombrer de souvenirs, rappelons à qui se cherche un passé glorieux, histoire de masquer des prétentions minables, qu’il ne suffit pas de stigmatiser le présent pour se voir autoriser à parler d’avenir. Même révolue, chaque période compte. Aussi, que les choses soient claires, rien ne ressemble à ce foyer d’abondance et de blondeurs célestes que louent le programme de quelques bons à rien…

Œuvrant comme sous la dictée de drogues, l’héritier d’Adolphe se voit confronté au problème de la descente dès qu’il est en meute. Ce qui rend sa filiation au père un peu trop marquée au gout de ses mentors. On a pu s’en rendre compte en voyant flotter dans la Seine le corps de Brahim Bouarram et plus récemment le tabassage à mort du jeune Clément Méric. Un comportement qui n’aide pas la soif de respectabilité d’une rombière à qui il reste du taf si son objectif est de convaincre ses miliciens à ne plus revendiquer l’héritage nazi qui coule dans leurs veines.

Autoproclamée chantre de la laïcité, elle devra encore mettre sous l’éteignoir, les intentions intégristes de saint Nicolas du Chardonnet, invitées là encore à faire preuve de retenue.

Et depuis, n’hésitant pas à bousculer ses vieilles antiennes pour y parvenir, l’obscurantisme New-Age se réfère à l’héritage gaulliste plutôt que celui de la cagoule. Dans son discours, l’étoile a ainsi cédé sa place au croissant, plus vendeur sur les étals depuis 2001.

N’en déplaise donc à la grièche qui récuse tout amalgame, la rhétorique brune qui colle à son chemisier et prône l’inégalité naturelle, autorise à qualifier le fond de commerce dont elle a la gérance de fasciste sans faire injure à quiconque.

– Dis papa, comment as-tu trouvé mon nouveau discours ?

– Pas tout a fait par hasard ma chérie…

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Rédigé par Moussa Dazi

Ecrire bien le médiocre… (Flaubert)

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