Si la rombière d’un Napoléon, ne s’était pas piquée de corrida, sûr qu’on n’en serait pas là aujourd’hui. C’est bien à Eugénie que l’on doit l’idée saugrenue d’avoir introduit la tauromachie sous l’Empire. Un désordre dont l’enjeu consiste à voir torturer un animal par un glandu sapé pour sortir.

De simple divertissement, le spectacle est devenu avec le temps, la tradition que l’on sait. Ce sont désormais, pas moins de soixante villes et villages, qui ont fait leur cette pratique.

Des combats organisés avec des subventions publiques depuis qu’un article du Code pénal est venu en baliser l’usage. L’alinéa 7 de l’article 521.1 dudit code affirme « tolérer que des sévices graves puissent être infligés aux animaux sous couverts de tradition locale de courses de taureaux » ! Même l’Espagne, pourtant peu avare sur le sujet, a cessé de mettre la main à la fouille.

Dans le sud-ouest, on voit même des écoles se créer et préparer des moutards au métier. La gestuelle acquise, on les invite alors a passer aux travaux pratiques. L’occasion pour eux de montrer ce qu’ils ont appris à travers un exercice qui les verra charcuter un veau sous le regard attendri de papa.

A se demander à quel âge la protection de l’enfance est engagée dans l’histoire ? Une question qu’il faudra poser à Manuel Valls qui ne fait pas mystère de son goût pour la chose. Notamment lorsqu’il souligne «les dangers d’une éventuelle interdiction de la corrida dans un pays en crise, avec des Français qui doutent de leur identité…» Il en viendrait à nous faire aimer Brigitte Bardot le bougre !

Et s’agissant de nous fourguer le mythe du combat loyal, ce soit disant mano à mano entre l’homme et l’animal, l’aficionado qu’il est ne recule devant rien. C’est vrai que plus on descend vers le sud et plus la parabole empruntée pour parler d’amour se charge en testostérone. Je sais de quoi je parle…

Mais soyons sérieux ! Même à le savoir chargé aux amphétamines, un toréro ne tiendrai pas cinq secondes devant la charge d’un monstre de 500 kilos en pleine possession de ses moyens.

Nier cette évidence revient à donner crédit à ce peloton du Tour que l’on voit passer des cols à l’allure d’un coupé sport. Un exploit qu’il réalise d’ailleurs aussi par vent contraire. Il existe des astuces pour parvenir à ce genre de prouesse et ce n’est pas un vétérinaire de la grande boucle qui dira le contraire. Apprenti sorcier en blouse floquée l’Equipe dont on sait pouvoir solliciter la science même du fond d’un toril.

On vous expliquera qu’en matière taurine, le cocktail est équivalant – ou peu s’en faut – à celui qui permit à Lance Armstrong de poser une roue… sur la lune. Même si les méthodes employées pour l’arène se voient un chouia plus corsées. Mais à peine.

Le puriste parlera alors d’afeitado. Une attention qui consiste à scier le bout des cornes d’un animal sur la partie innervée (là où ça fait vachement mal donc) avant de remodeler le rython en pointe après coupe. Sans doute histoire de rendre le coquet présentable. Entre temps, l’animal aura perdu toute perception spatiale vu que ses cornes lui sont ce que les moustaches sont au chat, son radar.

Et comme il ne saurait y avoir de soins capillaires, sans manucure, on procédera aussi à une petite réfection de ce coté-là. Une incision du sabot sera utile pour la pose d’une cale entre les ongles avant le trajet jusqu’à l’arène. Une petite balade pouvant durer plusieurs jours dans un caisson de contention – sans eau et sans nourriture – viendra clore la séance de soins.

Arrivée à destination, des picadores juchés sur leurs bourrins viendront encore titiller la bête du fer de leur lance avant de céder la place aux banderilleros. Alors seulement, ce qu’il reste du malheureux sera présenté à son rencard de l’après-midi, à savoir le beau mec en costard.

N’ayant rien à espérer de nos dirigeants, nos yeux se tournent donc vers Bruxelles dont le parlement vient d’invalider l’aide destinée à la reproduction et l’élevage de taureaux de course. La solution se trouve forcément là-bas.

Rappelons que l’Union a une dette envers la race à cornes car si Zeus a pu se taper Europe, c’est quand même en prenant l’apparence d’un taureau qu’il l’a fait. Il n’est donc que temps de solder ce compte demeuré trop longtemps en souffrance en votant l’abolition d’une pratique d’un autre âge.

Une décision qui en plus de mettre fin au scandale, pourrait être perçue comme une attention délicate faite en direction d’une autre bête à corne, la Grèce…

– Que voulez-vous, même les cornards ont besoin d’idéal !

 

Pour plus d’informations : anticorrida.com

Rédigé par Moussa Dazi

Ecrire bien le médiocre… (Flaubert)

un commentaire

  1. Rien ne justifie la souffrance d’un être sensible; d’ailleurs le Parlement français a adopté la loi reconnaissant à l’animal sa nature d’être vivant et sensible.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s