Ce qui nous rassemble depuis l’invention du feu, c’est l’illusion de sécurité qu’est censée offrir une addition d’individus groupés dans un même cercle. Une sensation à laquelle on s’accroche encore aujourd’hui au motif qu’un coude dans les cotes rassure quand la lumière s’éteint.

Peu importe le nom qu’on donne à ce tout, famille, parti, clan, secte… tous font l’affaire s’ils renferment la promesse de ne pas nous abandonner seul dans le noir. Et si possible le faire, sans que disparaisse en nous la prétention légitime de s’imaginer unique même au milieu d’une foule.

Si la maitrise du feu fut bel et bien la première grande révolution culturelle de l’Homme, l’organisation de son plan de table fut sans aucun doute la suivante. Ce n’est qu’assurée de ce rab de confort, que l’espèce a pu voir s’éveiller sa conscience.

Certes, les discutions nées tandis que cuisait le ragout de mammouth, n’étaient pas toutes savantes, les grognements de nos ancêtres ont mit le temps avant de devenir intelligibles. Et il n’était pas rare qu’un propos se ponctue de points de suture…

Ainsi, de fil en aiguille, l’idée de recourir à un modérateur à fait son chemin et finit même par s’imposer à tous.

Cependant édicter des règles de vie commune est une chose, les faires appliquer en est une autre. Seul un individu désigné à la majorité des suffrages aurait-eu l’autorité nécessaire pour y parvenir. Encore un truc auquel personne n’avait pensé sur le coup !

Et une fois de plus, il a fallu légiférer dans l’urgence pour rendre la chose possible. Avec le recul, on peut dire que c’est à partir de là, que la situation s’est passablement compliquée pour notre espèce…

Trouver un type suffisamment suicidaire pour risquer de figurer au menu de ses semblables s’il les énerve – les cas de cannibalisme révélés dans les galeries de Moula-Guercy et aux Pradelles en témoignent – l’objectif n’a pas du être facile à atteindre.

Heureusement pour la suite de son mandat, l’installation du chauffage dans les grottes a ramolli les esprits et la roublardise du candidat à fait son bonhomme de chemin.

Comme la notre aujourd’hui, la société de nos aïeux, voyait l’usage et l’abondance de promesses distinguer le futur chef. Pour peu qu’il ait le gout des vocalises, n’importe qui pouvait déjà prétendre à la fonction suprême et emporter l’adhésion de ses congénères.

Au fil des siècles, les discours moralisateurs, les malversations sibyllines et autres diptérosodomies qui jalonnent notre histoire, ont fait naitre en chacun des suiveurs que nous sommes, une frustration telle, qu’on peut dire sans crainte d’exagération, qu’aucun électeur depuis ne s’est plus jamais appartenu.

Et à supposer qu’il existe des personnalités supérieures parmi les nouveaux postulants au titre, gardons nous d’imaginer qu’elles sont facilement localisables.

A mesure que l’échéance des élections approche, le son profond de notre envie de chanter les louanges de l’un d’eux, a cédé la place à un chœur aphone.

Un silence gênant qui, s’il gonfle quelque chose en nous, ce n’est pas nos poitrines…

Cependant, j’ai beau dire, même la Française des Jeux n’a pas fait mieux qu’un bulletin dans l’urne pour rêver.

Aussi allons s’en griller une… bon vote à tous 😉

Rédigé par Moussa Dazi

Ecrire bien le médiocre… (Flaubert)

(3 commentaires)

  1. Quand je vois Michel Drucker chercher le caheton. A vire. Cherbourg. Caen. A 76 ans. Couvert d or mais neanmoins egotiquement seul. Je ne peux que souscrire a tôn dernier opus .entre improbables cavernes et tigres a dents de sabre. Respect l ami!M

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