Combien de fois où, fuyant le nombre pour une ruelle moins exposée, ne vous êtes vous pas senti pris de vertige ? Ivresse soudaine et éphémère qu’une folle envie de pisser pousse à vivre contre un mur. Pas n’importe lequel cependant. Un édicule de fortune sur le plâtre duquel, les hommages déposés avec le temps se superposent sous des formats divers.

Ici le trait bouillonnant d’un artiste avide de reconnaissance, là, une plaque commémorant les heures sombres d’une époque toujours pas cicatrisée, ici encore, l’affiche d’une élection passée où résiste plutôt mal que bien la trogne d’un leader déchu. Ganache, que les promesses tarifées faites par le www d’une nymphe pas frileuse, finissent d’envoyer aux oubliettes de l’histoire.

Refermant ma braguette, je quitte la galerie improvisée pour rejoindre le maquis des anonymes. Hanté par un désir d’absolu, je goute à fond cette possibilité qui m’est offerte de transgresser l’interdit. Une faculté que viendra encore rehausser l’amende encourue.

Le but ultime ne vise pas à snober les chalets d’aisance proposés par la ville qui sont bien utiles. Uriner à l’air libre peut se révéler fascinant, cependant ce qui nous pousse à le faire c’est cette sensation de se mouvoir dans les habits d’un autre. Un sauvageon que l’on sait caché en chacun de nous. Un passager clandestin qui aiguillonne et nous faire dire ou faire des choses sans nous préoccuper de leurs conséquences. Un cri de l’intérieur, un ami ultime… notre libre arbitre.

Lui seul permet d’agir et de penser différemment. Compagnon de route d’autant plus nécessaire dans une période où les atteintes portées à la liberté d’expression aux motifs d’incompatibilité religieuse ou culturelle sont aussi insidieuses que multiples. Il n’est donc pas exagéré de dire que cette faculté d’indiscipline individuelle, est en réalité, la seule garantie valable pour que le respect de chacun devienne une évidence collective.

La démonstration fait sourire mais si je dis que c’est encore à Dieu que je dois d’agir ainsi, je vais encore me faire des ennemis… tant pis. Puisque fondé sur l’amour de son prochain, le concept d’universalité prôné par la religion – et je précise, n’importe quelle religion – ne porte jamais que sur les frères et sœurs… en religion. Excluant de cet élan de générosité, rien de moins que le solde de l’humanité au motif de son indocilité !

Comment alors ne pas y voir une attaque personnelle ? Moi qui bois, pisse et fornique comme un antique drag Queen de l’Olympe ? Comment ne pas en vouloir aussi, à cette piétaille militante qui entend m’arracher à mes rêves maudits ?

A l’avant, postée comme à la proue d’une caravelle, la délégation de Versailles se présente alignée comme un rang de perle. Une escouade de rombières sertie dans un tailleur Channel à laquelle s’est jointe quelques vieux bien rentés. Tous venus en découdre avec le genre et gouter la sauterie offerte par Albéric et Ludovine (respectivement coordinateur général et Présidente du cauchemar qui se déroule sous mes fenêtres).

Une manifestation pour rappeler que la cohésion familiale et par extension la lecture du Figaro, repose sur les fondements de la filiation définis par les Saintes écritures, à savoir : le papa, la maman et le moutard. Mouvement qui s’oppose naturellement au mariage d’une femme à barbe, à l’adoption pour couples de même sexe – invités entre les lignes à se faire opérer pour satisfaire aux dogmes – et aux mères porteuses, sauf si l’exercice de transport en question consiste à faire passer un peu de cash vers la Suisse afin de le soustraire au fisc.

Arraché du lit plus tôt que prévu, je suis la cohorte en me grattant la tête. Les voix de la foule se mêlent dans un chœur compact et ininterrompu. Des bruits comme j’en ai entendu se lâcher dans les tribunes virages d’un stade de foot. A ceci près, que vu de ma fenêtre, aucun coup de sifflet ne semble prévoir la fin du sinistre qu’elles me causent.

– Hé oui ! que voulez-vous ma bonne dame, à vouloir un monde trop parfait, un jour on se réveille suicidaire…

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Rédigé par Moussa Dazi

Ecrire bien le médiocre… (Flaubert)

(3 commentaires)

  1. Pour la prochaine étape il parer que l’état voie encore plus gros pour renflouer ces caisses
    et La descendance de Joseph Pujol commencer a flipper,
    on parle de détecteur-adn-de-fumée-troisième-génération capables envoyer directement des amendes
    pour a terme s’auto réguler et ramener la société à l’équilibre parfait (d’ici mai 2017) .
    phil

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  2. Déjà que c’est difficile de vivre sans perdre la carotte de vu,
    ( syndrome de la carotte )
    on s’oriente vers un triple effet.

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