Qu’il s’agisse du désamour de l’actuel locataire ou des déboires judiciaires rencontrés par l’ex, l’incapacité que l’on a à trouver un candidat crédible à l’Élysée est devenue un signe permettant de le distinguer.

A force de boniments à la sauce d’une pseudo-alternance, de syndicalistes qu’on envoi au gniouf, de loi d’exception que l’on banalise, d’état d’urgence que l’on rend pérenne et d’indignations toujours plus sélectives, l’opinion n’en peut plus du menu unique qu’on lui impose.

Sur sa table, l’homme de la rue veut du sel, du pif et du jarret, pas de ces biscottes et de la Vichy qui va avec. Il entend retrouver l’appétit et la gouaille propre à ses rêves d’avenir.

Faiseur de rois, l’électeur se sait méprisé, deux petits tours et ils s’en vont… Normal qu’il aspire à autre chose que la cure qu’on lui prescrit pour faire passer les quittances et l’ordinaire. Lui, il veut rire, se bidonner. Il veut se torcher à s’en faire péter la couenne.

Il n’entend plus négocier son vote pour des chimères qu’il n’a pas voulu. Même la grosse blonde qui le fit fantasmer un temps dans son tailleur marine, ne le fait plus bander.

Le prolo moyen, autant que sa ménagère semblent prêt à renouer avec les traditions égalitaires qui ont fait la réputation de son maquignon de père. Celles d’une terre où des bateaux sont venus mouiller et où des bras partis de loin se sont penchés sur ses sillons.

Les prophètes de Neuilly aux discours lénifiants n’ont pas saisi que les valeurs terre-à-terre sont demeurées vivaces dans l’imaginaire populaire. On promet au trimard de lui faire une vie plus sûre, plus fliquée, plus nationaliste, plus anti-immigrés, plus anti-SDF, tandis que lui n’aspire qu’à plus de justesse.

A une solution qui offrirait un meilleur accès aux soins à sa famille, l’université et les grandes écoles pour ses enfants, un emploi et la possibilité d’évoluer. Un dénouement qui mettrait un coup de pompe à ces lourdes ouvertes aux seuls gagnants d’un système. Cette engeance de biens nourris qui se targue de comprendre les affres d’un gueux, au point de s’en faire le chantre. Marianne, courant nibard à l’air et guidant le peuple, sur un bifton qui n’a plus court… tout un programme m’sieurs, dames !

Passées d’un médiocre à un autre, les fins du bail se ressemblent et les coups de menton ne font plus recette. Le crédit accordé à la fonction s’est tari avec ces présidents qui l’occupent sans jamais parvenir à l’incarner.

A chaque fois qu’un coq se hisse à la fonction suprême, c’est la même rengaine. La main sur le cœur, il jure et prend la France à témoin. Tout y passe. Les grands hommes – parfois les femmes mais pas trop – la patrie reconnaissante, Jaurès, De Gaulle et d’autres tous aussi héroïques, la lutte des classes et le conseil de la résistance, le progrès social et pour fermer le banc, une Marseillaise… Hymne opportun que la volonté d’y croire malgré tout, nous incite à reprendre en chœur. Un peu comme ce nécessiteux à qui l’on tend une soupe froide, et qui, malgré la colère qui le submerge, ne peut s’offrir le luxe de la refuser et l’avale en reniflant.

Par bien des aspects, c’est à la fin d’un cycle politico-idéologique ouvert par la victoire de 1945, auquel on assiste. Lointain souvenir de gloire qui, en l’espace d’une décennie, aura vu un grand livre d’Histoire se muer en ce jeu de rôle que l’on nous fourgue comme une pizza individuelle dans sa boite en carton.

L’inquiétude engendrée par une telle absence de vision, aurait sans doute du contraindre l’actuel maitre-coq à multiplier les œillades sur son flanc gauche. D’ailleurs le récent remaniement était l’occasion de procéder au réajustement de sa brigade. Manœuvres qui auraient vu alors, requalifier le pizzaiolo qu’il est en chef étoilé. Mais il n’en a rien fait…

C’est d’autant plus préoccupant, que le libéralisme décomplexé auquel sont soumises nos structures sociales, atteint les braises d’un malaise profond. Celui qui voit le lampiste, sinon rejeter ses institutions, du moins l’avoir de plus en plus mauvaise à l’égard de ces thaumaturges qu’il voit se mouvoir en défenseurs des banques et du Medef au détriment des questions qui le concernent.

  • Marcel Aymé aurait dit : « l’injustice sociale est une évidence si familière, de constitution si robuste, qu’elle parait facilement naturelle à ceux qui en sont victimes ».
  • Louis-Ferdinand Céline aurait pu lui répondre : « Rien n’est gratuit en ce bas monde. Tout s’expie, le bien comme le mal se paie tôt ou tard. Le bien c’est beaucoup plus cher forcément… »
Publicités

Rédigé par Moussa Dazi

Ecrire bien le médiocre… (Flaubert)

(3 commentaires)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s