Il était une fois… des spermatozoïdes. Plein ! Lâchés en masse laborieuse, seul l’un d’entre eux deviendra autonome. Il sera le fruit d’une préparation savante où se mêlent patrimoine culturel et héritage génétique.

Parmi les centaines de milliards de participants à cette course à la vie, quelques-uns encore connaitront les faveurs du tirage. Elus parmi les élus donc, ils verront les fées se pencher sur leurs berceaux tandis que l’immense majorité des autres rescapés, se contentera d’accessits et se verra contrainte à lutter pour avoir une existence décente.

Floués d’entrée de jeu, ces recalés n’auront alors de cesse d’exprimer leurs frustrations. Revendications qui ne disparaitront pas avec l’âge. Bien au contraire, elles iront crescendo. Jusqu’à ne plus connaitre de limites, ne plus savoir, ni qui ils sont, ni où ils se trouvent. Perdus, ils agiteront alors les bras vers ces élites qu’on leurs proposent.

Et ils seront entendus ! L’aide arrivera. Bancale et maquillée sous des prétextes divers, mais elle viendra. Tout est bon pour s’assurer le vote de la masse à convaincre. Tout y passe : Les comptes de la Sécurité… la sociale, mais aussi l’autre ribaude qui sillonne les rues un talkie-walkie sur l’oreille ; La porosité des frontières… qu’ils ne veulent plus voir dessiner en pointillés sur la carte ; Le travail le dimanche… un classique qui s’étend à la semaine si le rebelle est au chomdu ; Les immigrés évidemment… ceux nés ici et tous les autres ; Et même les poètes … puisqu’il s’en trouve toujours pour tirer sur l’ambulance, en période de cerise.

L’arabe, le pédé et la goudou, le Rom… passent encore. Depuis le temps qu’on les utilise pour bourrer nos urnes, on a appris a faire avec l’idée de leur détestation. Mais le poète ? Comment peut-on en vouloir à un souriant qui raconte des histoires pour vous faire oublier l’hiver ? Comment incriminer un gratteur de givre tels qu’ont pu en être les Perrault, Grimm, Andersen et même Brassens où ma voisine Solange pour ne citer que ceux qui me sont chers ?

Qu’est-ce qui cloche chez nous pour que nos plus beaux songes soient devenus des sources dont la valeur se tarie au premier soupçon ? On devrait fêter ces dealers de rêves. Ces fous qui y croient encore. Leurs attribuer des jours fériés. Une pleine reconnaissance, qui ne tomberai pas un dimanche. Une journée chômée par le spermie laborieuse et payée par la gamète châtelaine. Ca aurait de la gueule !

Et si l’initiative contribue à fermer celle de ces morbaques fraichement diplômés, péremptoires et irrécusables que l’on voit se démener afin d’entrainer la meute dans leurs sillages, ce serai un plus. Experts de la synthèse alambiquée et néanmoins explicative, les efforts de sages-femmes qu’ils font tous pour convaincre le smicard du bien fondé de leurs hypothèses ont déjà fait naitre tellement de dépôt de bilan affectif autour de moi que j’ai cessé de compter. Ah ! heureux les cocus de l’histoire, si parfaitement abruti par l’opinion de faiseurs d’avis qui les dominent au point de faire leurs des théories qui les effraies.

Il faut reconnaitre que même les sondages militent en faveur de ces thèses. Et ils y vont au mastic les loustics, par tous les temps ! Une armée qui jamais ne baisse le bras… et qui à chaque élection repique au tapin national sans rien céder à l’imaginaire de l’autre.

Ils ne s’en laissent pas conter les roués et savent faire dans la dépense… surtout coté verbe. Sujets à des bouffées prodigues, leurs envolées en ont contraint plus d’un aux larmes. Notamment celles de la sirène à son pépère, plus baratineuse qu’un Wonderbra.

La popote familiale qu’elle nous sert à la faveur du journal télé, à le goût d’un routier. Une gamelle sous le bitume de laquelle, les idées consanguines mitonnent et que l’on vous recommande d’avaler sans réfléchir. Evidement, en attendant les lois hilares qui rendront heureux demain, le fourbu de l’existence retiendra, qu’il s’agit d’un ronron bien de chez nous.

Quand on a pris un mauvais départ, on a beau se savoir blindé, on n’est pas étanche à la connerie. Devenu sensible sur la distance, on est prêt à tous les voyages. Même à se taper du rêve de seconde, vendu pour une première.

Sans mental, on en vient à se dire qu’ils savent des choses qu’on ignore et qu’à les écouter, on en serait presque à ne plus avoir peur d’avoir peur…

  • Du coup t’iras voter pour qui cette fois ? 
  • Sans doute pour une de ces fables qui commencent toutes pareilles…
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Rédigé par Moussa Dazi

Ecrire bien le médiocre… (Flaubert)

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