Dis bonjour à la dame ! Sois poli et dis merci ! Pose tes mains sur la table ! Fait pas ci, fait pas ça…

Le grec est en droit de se demander si au final, l’Histoire ne fut pas qu’une généalogie de conseils liberticides qu’il aurait fourgué trop tôt ? Une magnanimité à l’égard de barbares qu’il dominait alors et qui le lui feraient payer aujourd’hui.

Le problème remonterai donc à loin. Si loin, qu’un procès intenté à Zeus et sa clique par les héritiers de Priape, n’aurait rien d’illégitime.

C’est parce qu’elle n’a rien d’évident que la transmission du savoir est source de complications. Si au départ, les choses avaient été faites comme il faut, sûr que l’enseignement du grec à l’école ne serait pas remis en cause sur les bancs de l’assemblée.

Tout porte à croire que si la Grèce est devenu le pigeon d’un jeu qui lui a échappé depuis cette antiquité dont il ne reste que des ruines, c’est pour avoir cru que l’Olympe était toujours à Athènes…

Il y a eu des précédents. Souvenons-nous en 1982. Le monde de la finance confondait alors le Mexique. Fautif de n’avoir pas su honorer l’ardoise milliardaire qu’on lui avait consentie. Lui aussi se targuait d’un passé glorieux.

Dans le remake européen, les acteurs ont changés, mais la trame est demeurée la même. Une histoire de banqueroute qui menace de mettre des créanciers dans une situation délicate pour avoir feint d’ignorer l’indigence d’un client en lui ouvrant leur chéquier. Pourquoi alors le laisser vivre au-dessus de moyens qu’il n’a pas ? Pourquoi s’obstiner à agir ainsi s’ils savent que c’est folie ? Toute la question est là.

Et si… le principe du défaut de paiement n’était pas imputable aux seuls emprunteurs, mais plus sûrement à l’enthousiasme suspect de quelques avides ? Et si la crise grecque n’était pas l’incendie accidentel que médias et pontes de la finances nous vendent à l’envie mais plus probablement une action savamment planifiée, histoire de toucher la prime à l’assurance ?

Car tout de même, qu’un client – même grec et suicidaire – dont le compte présente un découvert abyssal, décide du timing de son défaut de paiement puis dans la foulée, choisit de se mettre lui-même en faillite… c’est quand même rare.

En acceptant de le croire, on ne peut malgré tout, s’empêcher de penser que la candeur des dirigeants grecs n’est pas seule en cause et que des joueurs plus habiles l’ont aidés dans une telle entreprise. La période de frilosité et de dérèglement des systèmes monétaires, se prête à merveille à un tel scénario. C’est pain béni pour le trésorier d’un club qui aurait fait une boulette. Un joueur qui à raison, nourrit des craintes quant à la défiance que les investisseurs qui soutienne sa politique ultra-libérale pourrait avoir quant à ses capacités à se montrer un peu plus raisonnable.

Les banques privées ont prêté sciemment et à grand risque un argent qu’elles ont aidés à siphonner vers des comptes privés et dans l’immobilier de standing. Autant d’activités incapables de générer des revenus pour qui veut se mettre à jour de sa dette. Aussi, force est de constater qu’avec la complicité de quelques oligarques locaux, elles ont contribué à faire de l’emprunt grec une créance illégitime finalement.

Mesurant l’ampleur de la faute, l’ordre bancaire a fini par prendre très au sérieux la menace suscitée par ce vent de panique soufflant de part et d’autre. A tel point qu’il en a profité pour organiser LE casse de tous les casses. Un fric-frac qu’il savait au dessus de tout soupçon, puisque opéré sous couvert d’aide humanitaire…

Le finaud soumet alors deux alternatives à la Grèce :

1. Soit elle capitule face à ses exigences et accepte de retirer son string en faisant sienne une politique d’austérité pour le moins indécente. Dans ce cas, elle se condamne à des années de canicule et de sodomie tarifée. Faut ce qui faut.

2. Soit elle résiste au viol et se voit contrainte de quitter l’Union. Répudiant au passage une dette de 270 milliards d’euros. Ce qui à terme pourrait provoquer la chute des marchés et à leur suite, l’effondrement de la zone euro. Nous y voilà !

L’opportunité est trop belle et la voie du bon sens (des affaires) s’impose. La Troïka (Banque centrale européenne, FMI et Commission européenne) malmenée jusque-là, peut enfin devenir le ministère continental des finances qu’elle aspirait à être.

Désormais sous contrôle, l’investissement, le commerce et les politiques monétaires des États récalcitrants dont le « sauvetage » est maintenant garanti par les pouvoirs élargis de la Troïka, serviront de prétexte pour imposer les changements structurels qui les verront cesser d’être indépendants.

Un arbitre qui seul, sera habilité à décider de l’avenir de tel « client », de son financement (ou non) et à quelles conditions. Autant dire, une sacrée amulette pour les sorciers de la finance en cas de récidive !

Fort de cette virginité retrouvée, le marché pourra alors se concentrer sur le reste de son portefeuille. Espagne, Irlande et Portugal ne sont plus à l’abri de saillies aussi douloureuses que celles infligées à la Grèce.

La confiance des investisseurs revenue, Angela et son gang de généreux donateurs peut se détendre. Ayant recouvrée son autorité, elle sait pouvoir compter dans l’urgence sur une intervention directe et massive de sa Troïka au cœur des États dont elle a pris le contrôle.

Dans l’aventure, l’élite bankable aura tout de même permit à la Grèce de vivre l’illusion d’être prospère, au point de la voir se refuser à ses avances. Oubliant le temps d’une nuit passée au calme la fragilité des lendemains qui l’attendent.

– Les bons comptes font les bons amis. Si tu me forces, c’est fini. Pour ces choses, je suis un homme…
– Un homme ? Qu’est-ce que tu veux dire ?
– Eh bien, quoi ? libre ! *

* Extrait du film Zorba le grec de Michael Cacoyannis, adapté du roman de Nikos Kazantzakis.

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Rédigé par Moussa Dazi

Ecrire bien le médiocre… (Flaubert)

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