On constatera qu’en matières de relations internationales, le deal qui a prévalu au siècle dernier, ne répond plus aux exigences nouvelles de notre supérette mondiale. Du moins plus à celles voulues par le gérant américain qui en a pris le contrôle.

Quelques attentats sur le sol d’une ancienne colonie anglaise ont suffit à bouleverser la donne et par voie de conséquences, rendre caduc l’ensemble des règles géopolitiques.

Si après les attaques new-yorkaises, les problèmes à régler sont vaguement restés les mêmes – voisinage, quittance énergétique, eau, religions et autres babioles monnayables – la stratégie adoptée pour gérer le business a changée.

Jusque-là, elle s’appuyait sur une doctrine dite à la romaine. La stabilité internationale était assuré sur la foi d’une organisation – l’Onu – dont le schéma postcolonial, offrait à ceux de ses membres qui avaient la plus grosse (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne et la France) un droit au pouvoir léonin, le fameux véto.

Force est alors de constater que le délitement de l’ex-URSS, les cracks boursiers à répétition, la récurrence des crises et le dépôt de bilan d’une Europe qui a vu sa production manufacturée migrer vers la Chine, n’a pas servi le collectif. Et lorsque les Etats-Unis ont décidés de s’affranchir du collège de ce cinq majeur lors de la campagne d’Irak, l’outil que représentait l’institution onusienne en a pris un coup sur le casque (bleu).

Depuis, si le rapport de force a changé, ce n’est qu’au profit exclusif de cette nouvelle Rome, qu’est devenue Washington.

Comment ne pas sentir de l’inquiétude face au règne hégémonique que cela annonce ? Une angoisse palpable, au sein même de ces démocraties plus inféodées qu’amies véritables, dont le rôle de modérateur a tendance à s’affaiblir au profil de clubs privés et nettement plus effrayants.

Des cercles qui, sous l’impulsion de l’étendard sécuritaire, ont compris que le pouvoir des états-nations s’est substitué à un ordre global. Un schéma qui échappe à tout contrôle et où l’idée de peuples qui élisent leurs institutions nationales ne peut se concevoir que sous la parodie d’une indépendance tandis que le vrai pouvoir s’est déplacé dans un ailleurs qu’ils sont les seuls à contrôler.

Maîtres de l’ombre, ils ne cherchent même plus à imposer une marionnette dans les États qu’ils convoitent comme on a pu le voir jadis dans des régions baignées de soleil. La technique est désormais simple à pleurer… Elle consiste à détruire les récalcitrants en leur imposant un chaos permanent dans lequel rien ne pourra plus jamais s’organiser sans leur consentement.

Un mépris qui n’a d’égal que la nature frileuse des proies qu’ils obligent sous la menace d’un tir de Tomahawk depuis une forteresse mouillant au large ou la frappe encore plus approximative d’un drone guidé depuis l’Arizona…

Mais si faire la guerre coute chère, élire un président américain n’est pas donné non plus. Et les bailleurs de fonds n’ont pas toute la vie devant eux. Le mandat à la fonction suprême aux Etats-Unis n’est jamais que de quatre ans. Aussi, pour qui veut jouir d’un retour sur investissement rapide, il n’est plus le temps de s’encombrer de l’avis d’un tiers. Le jeu est trop risqué et la mise trop importante pour se laisser aller à des considérations éthiques.

Quant à l’opinion publique américaine – la seule qui compte à leurs yeux – si elle ne comprend pas toujours ces façons de faire, ce ne sont pas les artifices qui manquent pour l’inviter à regarder ailleurs. Comme celui qui consiste à la menacer de lui retirer ses joujoux de bébé tueur. Remettre sur le marbre la liberté du port d’arme, si chèrement acquise dans un pays où l’ancêtre gaulois était un cow-boy, est un marronnier qui a fait ses preuves.

Certes, il y a aussi ce beau métis qui a été élu deux fois de suite à la présidence d’un état raciste et pour le coup, c’est une avancée symbolique énorme. Mais symbolique quand même. Car mise à part cette concession faite à la nuance, jusqu’à nouvel ordre… le monde n’est pas plus sûr pour autant.

L’extrémisme violent et les flux de migrations forcés qui en résultent sont bel et bien les conséquences de la stratégie de la terre brulée initiée sous l’ère Bush. Les interventions musclées de ses néo-cons’ puis celles du beau gosse dans les affaires intérieures de pays souverains au Moyen-Orient (Afghanistan, Irak, Syrie, Liban, Iran), en Afrique du nord (Egypte, Tunisie, Libye) et Sub-Sahariens (Nigéria, Mali) ne doivent rien au hasard. Les migrants sont désormais si nombreux qu’ils menacent de déstabilisation des États que l’on imaginait solides il y a encore peu.

Le tonton flingueur américain commence à comprendre que le chaos qui a pu servir ses intérêts un temps, est devenu hors de contrôle et tend à s’étendre via des mouvements djihadistes – hier à sa solde – comme un brasier allumé au lance-flamme.

Sans doute alors l’Amérique commencerait-elle à mesurer la démesure de son cynisme…

Au point que l’imperator himself en arrive à douter de sa doctrine. Allant jusqu’à tempérer ses ardeurs pour rouler des pelles à cet Iran honni sous l’œil goguenard d’un Vladimir qui pour sa part, a pris soin de replacer ses billes dans cette valeur refuge qu’a su demeurer la Guerre froide.

  • N’importe quel bon gestionnaire en témoignera, quand le temps se gâte, rien ne vaut un retour aux fondamentaux.
  • Y’a des statistiques là-dessus…
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Rédigé par Moussa Dazi

Ecrire bien le médiocre… (Flaubert)

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