Tout florentin avide de se refaire à bon compte, ira taper sur ces hameaux vergogneux que l’on voit posés comme des sacs de frappe en périphérie des grandes villes. Sans atteindre à l’envie, ces marigots disparates exercent une sorte de fascination sur nos élites. Un attrait que traduisent les références qui y sont faites d’une élection l’autre.

L’idée de chahuter la foule de ces zones, groggy par un combat truqué d’avance, n’est pas du genre à faire reculer le matamore en lice pour le titre. Pour lui, brocarder l’infâme du haut d’une tribune est un standard.

L’exploitation de ces greniers où s’entasse la misère urbaine est le privilège des mondes de l’art et de la politique. L’un et l’autre rivalisent de sentiments sur le sujet. Des bons et des autres.

Avec ses Misérables Victor Hugo à donner à l’indigence des lettres de noblesse. Que dire alors d’Emile Zola, dont le ténébreux Germinal pousse celui qui pense avoir toucher le fond de son propre lamento, à toujours creuser davantage ?

En prônant la grâce dans des déserts sociaux, les muses confirment qu’en plus de la notion aiguë qu’elles ont du territoire, elles sont pour la plupart, syndiquées au Medef.

Pas un jour ne s’achève, sans qu’un brûlot inspiré et pourtant torché au lance-flamme, ne rende compte des complots qui se trament sous le bocage. Des libelles innombrables et d’une violence extraordinaire sont ainsi quotidiennement publiés.

L’information et la propagande ne font plus qu’un.

Au point que la diatribe cédant le pas à la ratonnade verbale, un fait divers relevé à Sarcelles ou aux Mureaux donnera naissance à une polémique dont dépend l’intérêt national. Accusation faite sans aveux où l’on constate qu’il n’est plus intolérable d’être ouvertement raciste en France.

Stigmatiser son voisin arabe ou noir, si de mœurs différentes, est admis. Remettre au gout du jour après soixante-dix piges d’étouffoir, une pratique tombée en désuétude à la libération, ce n’est pas rien.

Fausset de la Goutte d’or, philosophe à la mode de Caen et académicien précaire peuvent rêver de Goncourt et d’Interalliés. C’est en tête de gondole qu’ils font les choux gras de ma libraire. Polémistes minables qui voient leurs propos condamnés par un tribunal, sans qu’aucun ne se décourage.

Notre intelligence n’a pas à faire qu’aux intrigues de folliculaires cachetonnés pour la mettre sous anxiolytiques. Notre goût pour le vintage est tout aussi coupable.

Les regards que je croise interrogent tous le ciel.

Il faut dire que vu d’un grand ensemble, le choix en matière de vote est a l’avenir ce que la masturbation est à l’amour. Un fantasme stérile où le bonheur n’est au final qu’une vague rumeur. Une fleur en plastique que n’épanouit aucun soleil.

On s’affecte de ce qu’un grief de cet ordre, tel qu’on répugne à le considérer, puisse incliner « l’éternel immigré » à pencher vers le nul, mais ce non choix, ne tend au final qu’à prouver qu’il ne vaut pas l’intérêt que lui porte les sévères et les bienveillants.

Déjà fort modestes, ses « perspectives d’intégration » sont amenés à se réduire chaque fois un peu plus. L’angoisse qui l’envahit alors ne s’exprime plus que par énigmes :

  • Ma première génération est ma troize. Ma deuze n’existe pas. Qui suis-je ?
  • La menace fantôme !

Rédigé par Moussa Dazi

Ecrire bien le médiocre… (Flaubert)

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