On goûte tous à l’addiction toute métaphorique que suppose le plaisir de valoir l’attention que les autres nous portent. Et c’est normal, puisqu’en tant qu’êtres humains dotés d’un égo à la sensibilité clitoridienne, on a su demeurer vulnérable.

L’exaltation que ces témoignages suscitent, prend cependant chez certains d’entre nous, une tournure extrême. C’est le cas des timides. Ce clan de gracieux constamment sur le qui-vive que le manque de confiance en eux, soumet à une exigence de discrétion. Réserve qui, pour un rien, les paralyse.

Savoir que ce trouble résulte de repères inadaptés au romantisme qui les habite, ne les aide même pas.

Et la hantise de ce que la moindre excentricité déclenche, sera d’autant plus aigüe s’il s’agit d’adolescent. Sujet à son désarroi, le jeune introverti s’inventera un avatar histoire de donner le change autour de lui, cela bien sûr, sans jamais s’autoriser à être lui-même.

Le pouvoir né de la peur d’être harcelé est si corrosif, qu’il ne s’estompe pas avec le temps. S’il le fait malgré tout, grâce au concours d’une longue thérapie, ce n’est souvent qu’en apparence seulement.

Le petit boloss se remémorera l’école comme l’arène d’un cirque antique. Ce qu’elle aura été pour lui. Un champ de bataille confié aux soins d’accros à leurs petites personnes, étanches à la notion de compassion. Tyranneaux dans le sillage desquelles, mille vassaux en pleine crise s’égaillent, forts du statut de populaire qu’un pouce levé leur aura accordé.

Toute faveur à un prix et les compromis consentis par une conscience en herbe font parti du deal.

Le système éducatif n’a pas l’excuse de sa jeunesse pour l’absoudre d’avoir trop longtemps laissé faire. Il lui faudra s’en expliquer un jour. Même si à force de s’être tâter quant à la pertinence de se saisir du problème du harcèlement en milieu scolaire, il a fini par comprendre de quels dégâts on parle !

La violence contenue dans la disgrâce que suppose une décision rendue lors d’un conseil de discipline, n’est pour l’élève concerné, que roupie de sansonnet comparée à celle prononcée par le collège de ses propres camarades de classe.

Devenu adulte, l’ex-martyr des cours de récrées pourra toujours relativiser sa rancœur et dépasser son sentiment d’échec, en acceptant comme un postillon de chance, que ses bourreaux n’aient pas tous eu Facebook ou un Smartphone pour les seconder dans leur entreprise de démolition. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.

Comme quoi, les choses évoluent…

 

Information & Prévention :

Rédigé par Moussa Dazi

Ecrire bien le médiocre… (Flaubert)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s