Tendance, désuète ou renaissante, appliquée aux fringues, la mode est un univers organisé selon des codes qui lui sont propres. Tenu pour un art à part entière par certains, d’autres moins enclins à percevoir les courants soulevés par la muse, n’y verront que la faillite d’une époque.

Mauvais coucheur ou esthète chacun assume sa façon de voir les choses. Et c’est tant mieux car toute opinion se plaide.

La manière et les moyens, dont on dispose pour s’attifer sont importants. Ne serai-ce que pour la liberté que le jeu autorise à la grisette qui entend s’offrir une expression et un caractère, sans attendre les soldes.

Cependant, on ne saurait appréhender la mode par le seul jugement esthétique. Se vêtir dépasse les limites de la simple coquetterie. La preuve, l’habit ne fait pas le moine. Pas plus qu’il ne fait le rabbin ou l’imam d’ailleurs.

Sachant cela, on est en droit de s’interroger quand à la pertinence qu’a eu l’humanité à confier au fil de son histoire, la collection de prêt-à-porter de ses femmes aux grivetons de Dieu ?

S’il est vrai que nul n’a su mieux coller aux aspirations de son créateur qu’un fanatique religieux, rien ne permet de dire que le goût et l’imagination lui ont été fourgués en sus comme valeurs refuges.

Si on accepte encore la fable selon laquelle le diable est un mauvais garçon planqué dans le détail, alors oui, l’ourlet peut-être perçu comme une menace pour les ateliers de couture. Voire devenir l’enfer de ces clientes de passage.

Ce qui expliquerait qu’en certains endroits, le contrôle qualité ait été confié à des hordes de barbus extatiques pour qui, la moindre rogne apposée à une jupe traduit un péché hautement condamnable.

Et là, on ne fait pas référence a un passé gris à force d’être lointain, un truc sépia où les héros parcourent les cieux sur des créatures en costard d’écailles. On parle de notre époque… de ces temps modernes dit-on, où on laisse faire la censure !

Il arrive un moment, où il faut savoir mouillé autre chose que son doigt.

Aussi est-il urgent de cesser de faire nôtre parfois les faux discours de bienséance. De coups ciseaux en coups de mentons, combien de ces libertés promises en hiver, n’ont plus de raison d’être avec l’arrivée des beaux jours ?

Forcément, à voir appliquer les recommandations d’un texte séculaire à la penderie d’une voisine, même à ses yeux de victime, le parjure finit par avoir l’air d’une faveur divine. Au point même que l’apparition fantomatique de linceuls noirs dans nos villes, est en passe de devenir pour certaines, une affirmation identitaire !

Phénomène qui, en plus de faire peur aux oiseaux, laisse perplexe par la complexité qu’il y a à le comprendre.

Sans doute trouvera t-on un début d’explication dans la stigmatisation dont font l’objet les minorités omniprésentes dans un débat public où leur avis n’est jamais pris en compte. Mais tout de même… ça n’explique pas tout. Je sais de quoi je parle, j’ai grandi dans ces zones à risques.

Dans ce conflit larvé, les victimes collatérales sont demeurées les mêmes : les femmes. Shakespeariennes jeunes et moins, qui se voient confisquer leur liberté d’être ce qu’elles sont au profit d’une autre placée sous surveillance.

To be or not be habibi ?   Habiba fait pas chier… la question n’est pas là !

Disons les choses, la pression religieuse qu’elles subissent est le fruit d’une formidable arnaque. Une aberration bâtie comme un viol collectif et opérée par des arbitres en soutane et en djellabas surfant sur un océan de frustrations.

La Turquie et l’Algérie, deux pays pourtant connus pour entretenir des discours moustachus plutôt que franchement féministes font face au ras-le-bol de leurs suffragettes. On y assiste à des mouvements courageux qui voient frangines et épouses défiler dans les rues et sur les plages afin d’y dénoncer le peu de cas que l’on fait d’elles.

Une révolution en douceur faite avec des moyens qui « énervent » et qui surtout leurs sont propres. Short en jean pour la stambouliote qui en fait le symbole de sa liberté retrouvée, et un bikini qui vu d’Alger, a les faveurs de la fesse militante.

De ces initiatives rafraichissantes qui vous rendent une rébellion populaire.

Fort de ces réjouissances, il n’y a plus qu’à souhaiter que la dictature du slip kangourou fasse long feu. Et que soit enfin prise en compte l’évolution des mœurs dans l’index de la croissance.

Même si… au prix d’un miracle de plus.

Rédigé par Moussa Dazi

Ecrire bien le médiocre… (Flaubert)

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