C’est devenu une habitude, après une élection, suit une période de déprime. Cette fois, c’est une de trop et je ne veux pas rester les bras croisés. J’ai décidé de mettre à profit ce temps de flottement que l’on m’impose pour renouer avec mes origines. Nos origines d’ailleurs, puisque n’en déplaisent au verdict des urnes, il s’agit d’ancêtres communs à tous. Ces velus, qui jadis hantèrent les banlieues de Pech Merle et Lascaux.

Je me suis laissé dire que sans cette lointaine mixité, les lendemains ne chanteraient pour personne. Je ne trouve pas qu’ils chantent moi… Quoi qu’il en soit, creuser m’a confirmé que le plus pénible était moins ce passé reculé, que le présent au sein duquel j’ai tant de mal à situer mon lien de parenté.

J’ai poussé l’analyse aussi loin que j’ai pu. Au point d’étouffer sous le poids de siècles tombés sur mes épaules. Au fil des pages, j’ai saisi l’étendue de mon ignorance. Comment ai-je pu passer à côté de pareils trésors sans en soupçonner l’existence ?

J’aimerais remercier Marine. Mais aussi ces Jean-François, Nick, Umberto, Geert, Gabor, Alexis et tant d’autres encore, sans le concours desquels, je ne me serais jamais remis à lire. Marathon instructif, qui m’a vu me coltiner les vingt et un tomes de la collection Tout l’Univers (index inclus), autant dire depuis la genèse…

J’ai lu, relu et comparé autant de fois que cela m’a paru nécessaire. Une plongée aux sources de l’espèce au terme de laquelle, si j’ai fini par percevoir la lumière ce n’était que celle d’un sémaphore qui me fait froid dans le dos.

Tout le problème vient de nos origines… Les livres que j’ai ouverts m’ont persuadés que le cassage de burnes existait déjà au néolithique. Cro-Magnon comme n’importe lequel d’entre nous, n’a pas du être épargné par la routine et déjà la déprime a dû faire des ravages en ces temps farouches.

Comment d’ailleurs pourrait-il en être autrement puisque ni la télé, ni le cinéma n’avaient été inventés pour lui faire oublier les caprices de la pouilleuse qui tenait sa litière ou ceux sans doute pires, de la météo. Car question température, le climat qui régnait alors sur la planète n’avait rien d’une invitation à pique-niquer. C’est le National Géographique qui le dit ! Aujourd’hui, la bise dont parle la revue, tiendrait davantage de la catastrophe naturelle que de la contrariété anticyclonique chère à Évelyne Dhéliat.

Respect donc pour ces casseurs de pierres qui en plus de composer avec un voisinage de grands carnivores ont du faire avec une nature hostile. Conditions qui ne pouvaient que donner le jour, à ces psychopathes que l’on voit s’agiter le poing levé sous le ciel de Hénin-Beaumont, de Bollène ou d’ailleurs.

Personne ne sera étonné d’apprendre, qu’un matin où froid et entourage s’étaient montrés plus mordants qu’à l’ordinaire, un quarteron de rebelles ait choisi de prendre la tangente. Décision qui, à l’aube dorée de son humanité, allait donner naissance à une unité élite qui promettait de pousser le reste de la meute vers un avenir meilleur. D’un genre qui justifie pas mal de nos croyances actuelles.

Le groupe de putschiste choisit alors de bazarder le costume élimé aux genoux, que son australopithèque de père désespérait lui voir enfiler. Geste révolutionnaire que l’Histoire qualifiera de moderne. A juste titre d’ailleurs, tant l’état de sous-développement dans lequel il laissa les siens est incompatible avec l’idée que 40 000 ans après, on se fait d’un parcours réussi.

Libérer de leurs fonctions locomotrices, ses membres antérieurs trouvèrent naturellement de nouvelles bricoles à faire, comme celles qui consistent à s’abattre sur la gueule d’un prochain. Dans le même temps, la pensée de notre chasseur devint conceptuelle. De là, ses premiers pas de bipède le portèrent à peu près n’importe où. Dès lors que ce n’importe où renferme la promesse de donner un sens à sa connerie naissante.

Rêvant de nouveaux territoires, notre lascar ne souffrait déjà pas l’idée que d’autres puissent s’intéresser au sien. Aussi, ne mesurant pas le phénomène de sa mutation, sa force se mua en loi. Une loi dont plus personne n’osa alors contester l’arbitraire.

Héritiers comme nous tous de ces primes bastons, les mouvements néo fascistes que l’on voit s’égailler un peu partout dans la campagne, ont juste su remettre au gout du jour – et surtout avant tout le monde – la prédation primitive. Rien d’étonnant qu’ils soient aujourd’hui au faîte de la chaîne alimentaire. Position qu’ils mettront, n’en doutons pas, encore quelques coups de lattes à assoir dans le paysage. Et cela bien sûr, sans que rien qui soit en mesure de calmer la rage qui les anime, n’aille troubler l’inéluctabilité de leur victoire sur l’Europe.

En tout cas rien qui puisse favoriser l’émergence d’un dialogue…
–       Tu savais toi, que la connerie ça se cultive ?

–       Pour sûr… j’en connais un paquet qui ont la main verte.

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Rédigé par Moussa Dazi

Ecrire bien le médiocre… (Flaubert)

(4 commentaires)

  1. J espere qu l n y a pas que LA CONNERIE qui se cultive ,j ose esperer que l amour aussi merci pour ta poesie et le reste .. ah bientot vous lire

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  2. Quand il y a de l’ombre c’est qu’il y a une source de lumière quelque part. L’une ne va pas sans l’autre. Veillons juste à ne pas trop économiser notre énergie… 😉

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  3. C’est vrai : il y a sûrement un moment où ça a commencé.
    À se demander quelle inertie nous porte encore depuis le temps.
    Cet enchaînement laisse présager du pire et je me demande quoi faire pour le mieux : relire Rousseau ?
    En attendant, au plaisir de vous lire,
    CB.

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