On m’a reproché certains passages de « Telle une faveur locale ». Des critiques concrètes reçues par sms, puisque désormais même entre amis, les doléances se font comme les ruptures, via Smartphone.

Au lendemain de la publication de cette chronique, j’ai compris que s’il n’avait tenu qu’aux petites frangines dont j’ai blessées l’orgueil, j’aurai fini sur le bûcher. Mais, les traditions n’ayant pas survécus à l’Inquisition, c’est avec soulagement que j’échappais aux flammes.

A la lumière des faits qui m’ont été rapprochés, je constate qu’à défaut d’être appliquée à un conflit lointain, la notion de dommage collatéral justifiant une erreur de frappe, est moins facile à vendre d’un clavier à Montmartre que sur l’étal d’un marché de Kaboul.

J’admets qu’il m’arrive d’avoir la dent dure. De prendre plaisir à buriner des mots en un concetto de pierres. Pour tout dire, l’exercice m’amuse. Ce sont les blocs mastoc que j’affectionne. Ceux prêt à tailler dans le vif des cathédrales ou pour le moins, à recevoir des gargouilles.

Il y a quelque chose de gothique a gloser.

J’ai toujours eu l’esprit saladier, le goût de la pénombre et des ragots qui suintent. On ne se refait pas. Petits déjà, ils faisaient mon régal. Au point de penser qu’il a manqué une ou deux langues étrangères à mon cursus pour que je fasse une bonne bignole. J’avais la vocation pour ça, j’étais armé… Au lieu de quoi, je me suis mis à écrire.

Des lignes et encore davantage. Celles-ci ne s’accordent sur aucune excuse. Pas la moindre puisque la démarche vise à expliquer, ce qui dans un même sanglot a vu du rimmel et un cru prometteur se mélanger. Je ne m’appesantirais pas en oraison jaculatoire jetée aux pieds de mes juges. Cela risque de les contrarier mais je ne vois pas de raison de le faire.

J’ai bien conscience que l’espoir de voir disparaître leur courroux envers moi s’amenuise. Mais quand je relie le texte incriminé, je constate qu’il n’a fait qu’illustrer – certes en forçant parfois le trait – l’atmosphère d’un quartier que je connais pour y vivre.

Les proies de mon chahut doivent se détendre. Noyer son spleen sous la glace d’un millésime et le regarder fondre avec ces doutes qui saisissent, est une cure essentielle qui nous oblige tous. Une thérapie de groupe à laquelle, je sacrifie à m’en taper des longueurs de piscines couleur de vieux brocarts.

Pire ! Boire la tasse est pour moi source d’inspiration.

Dans ces Instants où la noyade menace, essayé d’endiguer l’amertume autrement qu’en la laissant filer, revient à s’interroger sur ce qui justifie que l’on ferme les bistrots à deux heures du mat plutôt qu’à l’aube.

Une évidence, vu que le limon des illusions perdues en route, ne devient fertile qu’à une heure avancée de la nuit. Gadoue sur laquelle, s’enracinent les conversations exotiques. De celles comme savent en tenir mes copines. Pas le genre gras, plutôt qui aime qu’on les arrose. De la fleur de serre qui pousse dans l’anonymat des grandes villes, lieu glougloutant s’il en est, où chacun colmate ses angoisses selon son propre rituel.

Certains trouvent dans le sport un moyen d’évacuer les fadaises d’un cacheton de Prozac où de Lexomil. Deux baratineurs qu’ils gobent au terme de leur journée à chier, histoire de se maintenir à peu près d’équerre, dans l’axe du miroir.

Chez moi, la déprime suit la publication d’une chronique ou la touche finale portée à une toile, puisque je fais feu de tout bois. Elle à un goût de trahison intime. Lâcher un sujet sur lequel j’ai marné des nuits entières et parfois davantage, me laisse dans un état au moins égal à celui où vous contraint une maîtresse qui vous quitte. Sur le moment, on se cherche une contenance, à retrouver un peu de ce qui s’est échappé. Bref, on revit les choses.

On le fait si pleinement qu’une fois revenu à soi, on se retrouve dans la peau d’un autre. Etranger à sa propre routine en somme.

On ne m’enlèvera pas de l’idée qu’en matière de relation, la quiétude n’est pas un gage d’avenir. Troubler le ronron qui l’entour est une marque de confiance en amour. Pour l’amitié c’est pareil, on y partage une histoire de fesse contrariée mais en pire. Fatalement, puisque sans les scènes de cul.

N’allez pas en conclure que j’envisage désormais de me taper les amies avec qui j’ai une brouille. L’idée se tient et d’arguments elles ne manquent pas, cependant j’écris dans un état et je vis dans un autre.

Un monde intermédiaire coincé entre la réalité d’une conduite à tenir et les divagations d’une concierge contrariée, qui pour le coup, n’a pas fini de me les briser elle…

  • Maintenant mes amies, le mieux est d’aller s’en jeter un, je crois ?
  • Oh ! oui Moussa… un de ces petits suicides rosés avec beaucoup de glace surtout !

 

Rédigé par Moussa Dazi

Ecrire bien le médiocre… (Flaubert)

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